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Le Pastoralisme

 Au Sahel, les sociétés pastorales  et agropastorales  éprouvent d’énormes  difficultés pour accéder aux services sociaux et économiques de base. Ceci découle de politiques de développement et de textes législatifs  inadaptés aux réalités et logiques pastorales. Ainsi, les droits d’accès aux ressources en eau et en pâturages de nombreux pasteurs se sont amoindris et certaines de ces ressources ont fini par disparaître, au profit d’autres usagers au cours du dernier quart de siècle.

Toutefois avec la grande vague de décentralisation déclenchée en Afrique de l’Ouest depuis le début des années 90, les  populations pastorales ont la possibilité de s’exprimer sur la gestion et la planification des ressources naturelles, sur les modes et conditions de développement de leurs terres. Selon les  dispositions de la décentralisation, les gouvernements locaux  ont la responsabilité légale d’assurer des services sociaux et économiques (santé, eau, éducation, commerce) et de dresser des plans locaux d’utilisation de la terre pour les besoins agricoles, forestiers, pastoraux et autres.

Cependant force est de reconnaître que même si la  décentralisation offre beaucoup d’opportunités, elle présente aussi de nombreux risques et défis.

En effet, les gouvernements locaux ont généralement une faible compréhension de la logique des systèmes pastoraux. En outre, les groupes pastoraux sont rarement représentés dans les instances de décisions et manquent souvent des capacités pour articuler leur propre vision et leurs besoins afin d’influencer les processus de prise de décisions.

De plus, l’accès aux ressources naturelles constitue aujourd’hui un enjeu de taille devant lequel certains décideurs, techniciens et acteurs de la société civile n’hésitent pas à sacrifier le pastoralisme sous les prétextes fallacieux qu’il détruit l’environnement, est un élevage de prestige, de contemplation,un  mode d’élevage  archaïque, peu productif, attardé, peu réceptif à la modernité et qu’il  est consommateur d’espace, etc.

En réalité, malgré les résultats de nombreuses recherches qui mettent en évidence la viabilité des systèmes pastoraux basés sur la mobilité, beaucoup de politiques nationales continuent à prôner des modèles orientés vers la sédentarisation. C’est au nom des ces modèles manifestement basés sur des préjugés que beaucoup de décideurs estiment que les pasteurs « doivent se sédentariser comme cela s’est passé comme ça ailleurs ». C’est cette logique qui a  mené aux projets de sédentarisation des nomades après la sécheresse, perçus comme des acteurs qui contribuent au surpâturage et à la dégradation des ressources naturelles.

Face à de telles assertions IED Afrique, IIED et ARED ont montré à la suite de nombreuses recherches les aspects positifs du pastoralisme dans son caractère mobile et flexible qui sont les  seuls gages d’une gestion  durable de l’environnement sahélien. Et c’est ce caractère qui lui a permis de traverser les calamités naturelles.

Pour contribuer à la diffusion de cette vision du pastoralisme, un module de formation sur le système pastorale et sur les enjeux du pastoralisme a été conçu et diffusé dans le cadre du Programme Réussir la Décentralisation. 

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